Monamourvoyageur

Une histoire

 

Tant de haine

La méchanceté des gens me surprendra toujours. Ces temps-ci, je lis beaucoup de choses horribles, des statuts Facebook, des tweets… Certains révèlent leur intolérance et leur stupidité.

Racisme

Haine

Mépris

Violence

Ce sont les mots qui me viennent à l’esprit pour qualifier ce que j’entends autour de moi. Comment peut-on être aussi méchant, aussi intolérant ?  Et le pire, c’est qu’ils n’y comprennent rien, qu’ils sont juste sans coeur… Partout, j’entends que la justice a cédé et libéré un détenu suite aux protestations des gens du voyage. J’ai lu, par exemple « Donc, un voyou va sortir de prison parce que ses comparses bloquent et saccagent l’autoroute A1 ? » Mais me*de ! Ils ne l’ont pas libéré, ils l’ont autorisé à avoir une sortie de 10h, sous escorte, pour assister aux funérailles de son père. Je ne sais pas si les gens se rendent compte de ce qu’ils disent. Cet homme, emprisonné pour vol, a appris que son père, sa soeur et son neveu ont été assassinés… et les Français réclament qu’il reste enfermé, comme un meurtrier, et ne rende pas un dernier hommage à sa famille ? Mais mon dieu dans quel monde vit-on ? Même le pire des sala*ds emprisonné en France aurait droit à ce genre de sortie. Je ne comprends pas la méchanceté des gens, leur égoïsme. Se rendent-ils compte qu’ils parlent d’un homme ayant perdu son père ? Comment réagiraient-ils, eux, si on voulait les empêcher d’assister aux funérailles d’un parent ?

Je crois que le statut le plus « drôle » que j’ai lu, c’est : « Quand des gens du voyage bloquent une autoroute la justice leur donne raison ….quand ce sont des agriculteurs qui défendent leur cause on leur crache a la gu**** …bienvenue en France, soyez tout sauf Français de souche ( et oui j’ose le dire ) et vous serez toujours avantagé !! »  C’est fou le nombre de conneries dans un seul statut. Tu veux qu’on les énumère ensemble ? Allons-y :

1*La justice leur donne raison -> c’est normal, ils demandaient quelque chose de faisable, pas des millions d’euros. Et c’est absolument normal et humain de permettre à un fils d’assister aux funérailles de son père.

2*On crache à la gu**** des agriculteurs -> ah bon ? il me semble qu’un plan d’aide a été décidé, que les discussions vont bon train…

3*Soyez tout sauf Français de souche -> sauf que je te signale que les gens du voyage qui ont bloqué l’A1 SONT français.

J’ai donné mon avis à cette personne, qui m’a répondu, concernant les dégradations commises par les agriculteurs : « Parce qu’il défendent leur cause et que personne ne les écoutent alors petit a petit la pression monte ce que je comprend tout fait ! » Mais ma petite dame, tu crois que les gens du voyage sont écoutés ? Dès qu’on parle d’eux, la France pousse des hauts cris, on hurle à la domination des minorités, on insulte les voyageurs, on affirme les pires conneries… 

Maintenant, soyons clairs. Je ne tolère pas la violence, ni les dégradations, ni le fait d’avoir bloqué les automobilistes qui eux n’y étaient pour rien (même si, souviens-toi, les agriculteurs ont fait exactement la même chose………….) Le problème, le vrai problème, c’est que maintenant, en France, pour se faire entendre, il faut aussitôt utiliser la manière forte. Ce que je comprends, ce sont les revendications des gens du voyage. Ce que je condamne, c’est la dégradation de la voie publique, le blocage de l’autoroute… et toute la haine de ces racistes qui se disent fiers d’être français mais ne tolèrent pas qu’en France vivent plusieurs communautés.

Dans : Sur les Voyageurs
Par monamourvoyageur
Le 29 août 2015
A 20 h 47 min
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Drame

Nous sommes le 26 août 2015. Il est 9h30 du matin. La première chose que j’ai faite en me levant, c’est allumer l’ordinateur pour pouvoir écrire cet article. Si tu le lis, tu te souviens peut-être de ce qui s’est passé le 25 août, dans la Somme, près de Roye… et qui concerne la communauté des gens du voyage. Sinon, je te le rappelle : une fusillade, une femme, son bébé et son père tués, deux gendarmes blessés, l’un des deux succombe à ses blessures, des journalistes agressés. Tout ça dans une aire d’accueil de voyageurs. Ou « camp nomade » comme disent les politiques.

Je ne suis pas là, encore une fois, pour juger. Ce n’est pas mon boulot. Je trouve qu’il y a de toutes façons bien assez de monde qui débat sur les réseaux sociaux. Il faut voir les imbécillités qu’on y lit. Pour te donner un exemple, j’ai vu plusieurs fois « les roms méritent la peine de mort »« ils massacrent nos animaux volés et empoisonnent les leurs »« il est temps de ne plus les considérer comme intouchables »« les Français subissent la violence de minorités ». Sans compter le nombre de messages scandalisés défendant les journalistes qui ont été battus… sans aucune considération pour les quatre victimes.

Je lui en ai parlé. Ou plutôt, nous en avons parlé tous les deux. Il m’a envoyé un message me disant « on parle de nous aux infos… :-/ «  Ma mère venait tout juste de me dire ce qui s’était passé. Allumer la télévision, foncer sur Internet, se renseigner… et être saisie d’horreur en lisant dans les détails ce qui venait d’arriver. Nos avis divergent sur ce drame. Comme la majorité de sa communauté, il estime que les gendarmes et les journalistes n’avaient pas à s’en mêler, que cela ne concernait que les gens du voyage. Il est triste, bien sûr, qu’un gendarme soit mort par la faute d’un forcené ivre, mais il répète que « la police n’est qu’un contretemps. Quand ça doit éclater, peu importe qui se met sur notre chemin, ça éclatera. » On raconte que ce sont des voyageurs du camp qui ont appelé les gendarmes. Lui n’y croit pas. Il est furieux aussi contre les journalistes, qui passent pour des victimes innocentes. Pour le coup, je le comprends. Venir poser des questions à des gens qui ont assisté à pareil drame, c’est irrespectueux. Et risqué, quand on sait à qui ils s’adressent pour poser leurs questions. Alors, oui, ils font leur boulot, et non, on ne doit pas cautionner la violence. Mais est-ce qu’il est si difficile de comprendre que cette communauté ne veut pas que les étrangers se mêlent de leurs affaires ? L’action des gendarmes était légitime, mais les journalistes, qu’ont-ils fait ? Ils se sont postés près du camp – voire dans le camp – et ont présenté les voyageurs comme des individus alcooliques, dangereux, hors-la-loi… Ils ont parlé de querelles de familles, alors qu’ils ne savent rien de ce qui s’est passé. Comment est-il possible de s’étonner que les voyageurs présents n’aient pas supporté cette intrusion ? Ils venaient d’assister à la mort de quatre personnes, dont celle d’un enfant, et Dieu sait que les enfants sont ce qu’ils ont de plus sacré. Je rappelle aussi que chez les voyageurs, la famille est bien plus importante qu’au sein de notre société. Ceux qui vivent sur une même aire d’accueil se connaissent, s’aiment, s’entraident… Une famille entière a été décimée. Un enfant se retrouve orphelin de mère et a perdu son tout petit frère. Alors, excusez-les d’être fous de chagrin et de colère. Qui ne le serait pas, hein ?

Bon, j’avais dit que je ne donnerai pas mon avis, mais je viens plus ou moins de le faire, en ce qui concerne les journalistes. Je rappelle seulement que je ne cautionne pas la violence, qu’il y avait d’autres façons de les faire partir (un seau d’eau, par exemple…)

Aucune personne étrangère à la communauté des gens du voyage ne peut savoir ce qu’il va se passer ensuite. J’ai ma petite idée sur le sujet, puisqu’il m’a dit à quoi m’attendre. Ce que réclament les politiques et pas mal de Français, ce matin, c’est le désarmement des banlieues et « camps nomades ». On stigmatise encore une partie de la population. Comme s’il n’y avait que les minorités qui commettent des crimes. Et les Français pure souche, M.Martin de Saint-Julien-Truc-Muche, qui tue sa femme, ou Mme Durand de Loup-Mouton qui congèle ses enfants nouveaux-nés ? On en parle ? Comme nous le répètent les journalistes et le gouvernement, il ne faut pas faire d’amalgame. Il y a des malades et des dangers publics partout. Ce n’est pas parce qu’untel, de nationalité Machin-chose, a commis un crime que tous les Machins-choses sont des criminels. Je suis bien placée pour savoir que tous les Voyageurs ne sont pas des personnes bien – la cicatrice que j’ai sur la tempe me le rappelle tous les jours quand je passe devant un miroir… Mais on ne peut pas condamner toute une communauté pour les actes d’un seul homme.

Dans : Sur les Voyageurs
Par monamourvoyageur
Le 26 août 2015
A 10 h 46 min
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Justicière du dimanche !

Durant l’été où j’ai travaillé en office de tourisme, il a fait très chaud, et j’avais envie de me promener en fin d’après-midi, quand ça se rafraîchissait et que la ville s’animait. Ma petite routine du dimanche était simple : je rentrais du boulot vers 13h, je déjeunais (en général des pâtes carbo, mon péché mignon ^^), puis j’allumais la télé pour regarder sur M6 les émissions de Stéphane Plazza et de Valérie Damidot en faisant ma vaisselle. Au bout d’environ 1h30, je faisais un peu de sport, puis je filais prendre une douche et en général je terminais mon après-midi avachie sur mon lit, en peignoir, à lire ou écouter de la musique. Evidemment, dans cet emploi du temps, inutile de préciser que je textotais H24 avec mon cher et tendre ^^

Ce dimanche-là, quand je suis rentrée du travail, j’ai dû pas mal tourner dans le quartier avant de trouver une place où me garer. Du coup, j’ai vu que des forains s’étaient installés près de la cathédrale. Il y avait plusieurs manèges… et un stand de friandises. Mon autre péché mignon ? Les chichis ! Je me suis jurée que sitôt ma douche prise, je filerai m’en chercher. C’est donc ce que j’ai fait. Exceptionnellement, j’ai mangé une salade composée le midi (histoire de compenser le max de calories que j’allais ingurgiter avec les chichis).

En fin d’après-midi, énergique après le sport et sentant bon la vanille, je suis sortie de chez moi pour aller me chercher ces fameux chichis. J’ai dû attendre quelques temps, il n’y avait personne au stand. Finalement, j’ai vu une jeune fille arriver. Elle devait avoir mon âge. Brune, mate, souriante, ma taille. Elle s’est excusée de m’avoir fait attendre et m’a expliqué qu’elle avait fait le tour de la place pour essayer de repérer une boutique de vêtements. Elle avait envie de faire du shopping. Je lui ai donné de bonnes adresses, elle était ravie.

Tandis qu’elle faisait chauffer l’huile pour préparer les chichis, un vieux monsieur est passé à proximité. Il a pris la jeune fille à parti en lui faisant remarquer que les « romanos n’ont rien à foutre sur la voie publique ». Méchanceté gratuite. Elle ne l’avait même pas regardé avant qu’il l’agresse ainsi verbalement. Elle a essayé de se défendre, mais le vieux était agressif, il lui a dit : « Je ne me suis pas battu pour la France pour qu’une voleuse de poules me parle ! » Il affirmait que les forains n’avaient pas le droit de perturber la vie du quartier. La jeune fille était perdue, elle n’osait plus rien dire, d’autant que sa famille et ses collègues n’étaient pas à proximité. Comme le vieux continuait, j’ai craqué. Je ne supporte pas l’injustice. D’un ton très sec, je lui ai coupé la parole et je lui ai dit que si les stands et manèges sont installés sur la place, juste à côté de la mairie, c’est qu’ils en ont reçu l’autorisation. J’ai ajouté que c’était une agression verbale doublée de racisme et que la jeune fille pouvait porter plainte. Il m’a regardée d’un sale air et a dit qu’il ne se laisserait pas impressionner. J’ai alors sorti mon portable et menacé d’appeler la police. Il a fermé sa grande bouche (oui, oui, je suis polie) et il est parti sans dire un mot.

La jeune fille m’a remerciée, elle était très contente et soulagée que je sois intervenue. Pour la peine, elle m’a offert les chichis ! Elle m’a dit qu’elle espérait qu’on se revoit, pour que je puisse rencontrer sa famille qui tiendrait à me remercier. Je lui ai assuré que c’était tout à fait normal. Elle m’a expliqué, en me donnant le paquet de chichis bien sucrés, qu’en général les gens ne prennent pas la défense des forains. Je ne lui ai pas dit que je connais un voyageur, ni que j’ai eu l’impression, en la voyant se faire agresser, qu’on insultait mon bien-aimé. Je suis partie avec mes chichis, contente de moi, et j’ai raconté par SMS à mon doudou ce qui s’était passé. Il était très fier de moi !

Je ne sais pas ce que tu en penses, mais je ne crois pas avoir manqué de respect au vieux monsieur, ce jour-là. Après tout, je suis restée polie et c’était lui qui était dans son tort. Je respecte le fait qu’il se soit battu pour la France, consciente qu’il n’a pas dû voir que de belles choses au cours de sa vie, mais j’estime que ce n’est pas une raison pour dénigrer des gens qui n’ont rien fait !

Dans : Sur les Voyageurs
Par monamourvoyageur
Le 16 août 2015
A 16 h 48 min
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Agressions

Je vais te parler ici d’une autre rencontre avec des mannouches. Si la précédente n’avait pas été agréable (voir Leurs regards), celle-ci a été un véritable cauchemar.

Ça s’est passé en avril cette année. Je travaillais comme hôtesse à Caen, sur le stand d’une boutique de jouets pour enfants, en plein milieu d’une galerie commerciale. C’était l’après-midi. Il y avait beaucoup de monde dans la galerie, des familles, des jeunes, des moins jeunes… Le stand était monté juste en face d’une boutique de vêtements assez chers. Un vigile à l’air pas commode montait la garde, comme un soldat devant l’entrée d’une caserne, ou un chevalier devant un château fort.

Une fille, brune, mate, un peu potelée, est arrivée et a voulu entrer dans la boutique. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir beaucoup fréquenté mon cher et tendre, mais j’ai tout de suite soupçonné qu’il s’agissait d’une mannouche. Le vigile a dû penser la même chose parce qu’il l’a empêchée d’entrer et a exigé de fouiller son sac. La fille a refusé. Elle avait de quoi : c’était absolument idiot de lui demander de vider son sac alors qu’elle n’était même pas encore entrée dans le magasin ! Le vigile s’est mis à l’engueuler, presque l’insulter, la menacer. Personne n’intervenait. J’ai confié à ma collègue les enfants qu’on gardait et je suis allée défendre la fille. J’ai remis le vigile à sa place, lui faisant remarquer qu’il n’avait pas à menacer quelqu’un, et l’accusant de discrimination puisqu’il n’avait demandé à aucune cliente blanche de vider son sac.

A ce moment, un groupe de jeunes est arrivé. C’étaient les amis de la fille (ou ses frères, je n’en sais rien), plus son petit-copain. Tout est allé très vite. Ils se sont mis à menacer le vigile, devinant qu’il s’en était pris à la fille, sauf qu’ils m’ont également menacée moi, croyant que je m’étais liguée au vigile contre la nana ! J’ai répliqué que non, j’ai dit à la fille de témoigner, mais elle a baissé les yeux et n’a rien dit. Son petit-copain nous a dit, au vigile et moi, que « les mannouches n’oublient jamais » et il est parti, après avoir fait un signe d’égorgement, en passant son doigt sur sa gorge. Le vigile est allé prévenir la sécurité. Moi j’ai rejoint mon stand et prévenu mon cher et tendre, en me demandant si je risquais quelque chose. Il m’a dit que je n’aurais pas dû m’en mêler (oui, merci, je sais !), mais a ajouté que logiquement, je n’avais rien à craindre. Il m’a dit que si jamais je les recroisais, je devais leur dire que je sortais avec lui et leur montrer ma bague pour le prouver.

Le soir, en sortant du boulot, je me suis rendue compte qu’il avait tort. Alors que je traversais l’esplanade pour me rendre à la gare, j’ai vu les mecs rappliquer. La fille n’était pas là. Ils m’ont crié dessus, engueulée, menacée. J’ai essayé de me défendre, de leur expliquer ce qui s’était passé… Le petit-copain m’a poussée par terre (je me suis écorchée la paume des mains et fait mal à la hanche), en m’interdisant de lui adresser la parole. Il m’a craché dessus et s’est barré avec ses potes. Personne n’est intervenu et pourtant plusieurs passants avaient assisté à la scène. J’ai rejoint la gare, les mains en sang, les larmes aux yeux.

Mon téléphone était en silencieux. Quand je l’ai sorti de mon sac, j’ai vu que mon bien-aimé m’avait appelée une douzaine de fois. Il s’était inquiété. Je l’ai rappelé et lui ai expliqué ce qui s’était passé. Il a maudit ces mecs, les traitant de tous les noms, puis m’a engueulée en me disant qu’il ne fallait pas que je retourne travailler, que j’avais été folle d’intervenir, etc. Quand il s’est calmé, il m’a rassurée, m’a consolée et m’a dit qu’à l’avenir il fallait que je sois plus prudente.

Le lendemain, en arrivant au boulot, j’ai aperçu les mêmes mecs. Eux ne m’ont pas reconnue. J’avais les cheveux attachés et des lunettes de soleil. J’ai eu peur toute la journée, et mon doudou m’a interdit de sortir seule. Il voulait que j’appelle la police ou qu’un vigile m’escorte jusqu’au train. Il ne comprenait pas que ces mecs s’acharnent. Le soir, je suis sortie par l’autre côté de la galerie, pour ne pas avoir à traverser l’esplanade. Ça n’a pas suffi. J’ai entendu un bruit de course derrière moi. Je me suis retournée et j’ai vu le petit-copain m’arriver droit dessus avec deux copains. Ils m’ont à nouveau insultée, en me disant que je n’étais pas assez intelligente pour leur échapper. Je leur ai montré ma bague, je leur ai dit que je sortais avec mon cher et tendre (comme il me l’avait conseillée). Ils n’y ont pas cru. Le petit-copain m’a dit quelque chose du genre : « Jamais l’un de nous ne sortirait avec ça. » Et c’est là que ça a dérapé. Il a sorti un truc de sa poche, quelque chose de métallique, et en une fraction de seconde, il m’a frappée au visage. J’ai eu le réflexe de me reculer, ce qui fait que l’objet métallique tranchant a atteint ma tempe et non mon œil gauche ou je ne sais pas ce qu’il visait. Ça m’a fait horriblement mal. Ses copains ont paniqué et l’ont retenu, en lui disant que c’était n’importe quoi et qu’il était allé trop loin. Ils se sont barrés tous les trois. Quand je suis arrivée à la gare, la joue en sang, le premier employé de la SNCF que j’ai croisé s’est empressé de m’accompagner au poste de secours, enfin là où il y avait des pompiers. Ils m’ont dit que ce n’était pas trop profond, qu’il n’y aurait pas besoin de points de suture. Ils ont nettoyé la plaie et ont mis un pansement. Un agent de sécurité avec son chien m’a demandé ce qui s’était passé. Je lui ai expliqué. Il voulait appeler la police pour que je puisse porter plainte, mais j’étais dans une situation où je ne pouvais pas porter plainte. Que je t’explique : pour mon avenir professionnel, il ne fallait pas être engagé dans quelque procédure judiciaire que ce soit. Je ne pouvais donc rien faire. L’agent de sécurité m’a accompagnée jusqu’au train et m’a dit de revenir le voir le lendemain, pour qu’il m’escorte jusqu’à mon lieu de travail. Il m’a aussi donné son numéro professionnel, pour qu’il vienne me chercher le soir. Je l’ai remercié et je suis montée dans mon train. Il faut voir comment on me regardait, avec mon teint cadavérique et mon gros pansement sur la joue…

Mon bien-aimé, tu t’en doutes, a pété un câble en sachant ce qui s’était passé. Il a exigé que je démissionne, que je ne remette plus un pied dans cet endroit. Il était scandalisé. Il m’en voulait de n’avoir pas couru (sans réaliser que j’avais eu tellement peur que mes jambes ne me portaient plus), et en même temps il était fou d’inquiétude. Comme je pleurais au téléphone, il m’a consolée. Je suis rentrée chez moi avec la consigne de lui envoyer une photo de la plaie. C’est ce que j’ai fait.

Le lendemain, je suis allée bosser, mais j’avais prévenu ma patronne que c’était le dernier jour. Je n’ai pas revu les mannouches. Ils avaient certainement déguerpi après leur coup d’éclat de la veille.

Aujourd’hui, j’ai une cicatrice fine et allongée sur la tempe gauche. Quand je la regarde, je me souviens de ce qui s’est passé, de la haine dans leurs yeux, de l’injustice dont j’ai été victime. Je n’ai jamais compris pourquoi la fille n’a pas expliqué à ses copains ce qui s’était vraiment passé. En tout cas, une chose est sûre : je ne me mêlerai plus des affaires des autres.

Dans : Sur les Voyageurs
Par monamourvoyageur
Le
A 15 h 29 min
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Chevelure de rêve (ou pas !)

Mes cheveux, ils en ont vu de toutes les couleurs. Non, non, je ne les ai pas colorés en bleu, hein ! Ce que je veux dire par là, c’est que j’ai testé beaucoup de coiffures différentes (comme je pense la majorité). Laisse-moi te présenter la situation :

Au naturel, mes cheveux sont raides.

Ils sont de couleur châtain.

Ils sont épais.

Ils fourchent très vite.

Je me bats contre les pellicules.

J’ai gagné mon combat contre la graisse.

Voilà pour l’introduction. A présent, voici ce que je leur ai fait subir :

Mèches blondes et brunes (un véritable massacre : le noir a taché le blond… je me suis retrouvée pendant près de 3 semaines avec des mèches grises)

Coupe à la garçonne

Cheveux longs jusqu’à mi-dos

Permanentes

Coupe au carré

Frange

Dégradés divers…

Pendant un temps, je voulais aussi les colorer en noir ou en teinte plus chocolat, mais ma mère ne m’y a jamais autorisée. Merci maman ! Je me rends compte aujourd’hui que tu m’as sauvée la vie !

Comme tu le vois, j’ai cherché pendant très longtemps mon style capillaire. J’ai fini par le trouver, pendant mon BTS (décidément, que de découvertes beauté à cette période !) Ayant un visage arrondi, les cheveux raides ont tendance à faire rideau, ce qui n’est pas joli. Il leur faut du volume. Depuis plusieurs années, maintenant, je les boucle donc, par des permanentes. Ça n’a pas toujours été un franc succès, mais depuis que j’ai enfin trouvé un bon coiffeur, je suis ravie du résultat.

Mon bien-aimé les aime longs, il trouve que sur une femme, les cheveux longs sont vraiment magnifiques. Ça n’a rien d’étonnant : lui-même porte les cheveux assez longs. Il voue un véritable culte à sa chevelure ^^ Remarque, il a de quoi ! Ses cheveux sont noirs, soyeux, fins, doux, brillants, il n’a plus une seule pellicule… Le rêve pour moi. L’ironie du sort veut que lui soit jaloux de mon implantation capillaire. Il dit qu’elle est parfaite, contrairement à la sienne. Il dit perdre trop de cheveux et craint d’être dégarni comme son père. Je perds moi-même beaucoup de cheveux (à cause d’une carence en fer), aussi je ne trouve pas qu’il en perde tant que ça. Mais bon ! Nous sommes d’éternels insatisfaits !

C’est quand même grâce à lui que je trouve mes cheveux mieux qu’avant. Le savon d’Alep a fait des merveilles sur mon cuir chevelu, à défaut d’en faire sur ma peau. Mes cheveux graissent beaucoup moins vite et j’ai moins de pellicules qu’avant (à condition d’être régulière dans mes shampoings). Lors de son dernier séjour (qui s’est achevé hier), il m’a conseillée d’essayer un nouveau shampoing, de Saint Algue de Syoss. C’est ce qu’il utilise actuellement. J’hésite encore parce que nous n’avons pas exactement le même type de cheveux et je ne suis pas sûre que ce qui fonctionne sur lui marchera sur moi. Je pense que je vais craquer malgré tout. Je suis un être faible et influençable en matière de beauté ^^

Dans : Prendre soin de soi
Par monamourvoyageur
Le 15 août 2015
A 23 h 48 min
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Avoir une jolie peau… le combat d’une vie !!!

Comme je te l’ai dit dans l’article Maquillage, ô cher maquillage, j’ai eu le même problème que de trèèèès nombreux ados : l’acné. Ajoute à ça une peau mixte sensible à tendance grasse et tu auras une petite idée du calvaire qu’a été ma vie pendant cette douloureuse période.

J’ai eu une chance énorme, malgré tout : aucun bouton n’était vraiment douloureux et, miracle parmi les miracles, je n’ai jamais eu la moindre cicatrice (et pourtant Dieu sait que j’en ai charcuté, des boutons [excuse-moi si tu es à table] !!!)

Vers 18-19 ans, à peu près, j’ai commencé (enfin !!) à avoir moins de boutons. Enfin, disons que je me suis retrouvée avec un acné hormonal et que, par conséquent, je n’en avais plus à longueur de temps. J’ai vu un dermato (inutile de préciser que ça n’a rien changé………..), testé des centaines de crèmes, gels, masques différents, rien. Finalement, j’ai adopté une routine toute simple : un gel nettoyant, une lotion tonifiante et une crème hydratante. Basta. Pendant 2 ans, cette routine est restée la même.

Mon cher et tendre, lui, a eu le privilège de ne pas avoir d’acné. Il a toujours pris grand-soin de sa peau. C’est un maniaque de l’hygiène (oui, oui, à ce point, c’est de la maniaquerie). Je n’avais pas énormément de boutons, juste 3-4, quand on s’est connus et quand on s’est revus en août. Il m’a donné des conseils pour les éliminer durablement. A l’époque, il utilisait quotidiennement du savon d’Alep. Ravie, j’ai suivi ses conseils. Au début, en effet, je n’avais plus de boutons, j’étais très contente du résultat. Sauf que le savon d’Alep, utilisé matin et soir, sur une peau sensible, c’est une très mauvaise idée. Je me suis retrouvée avec encore plus de boutons qu’avant ! Quand il a su, par téléphone, ce qui se passait, il m’a dit : « Mais princesse… il ne faut l’utiliser qu’une fois par jour ! » Bon. Ok. Bah, à l’avenir, je le saurai.

Ma quête, dès lors, a été de tout faire pour retrouver un grain de peau correct, comme avant l’utilisation désastreuse du savon d’Alep. J’ai repris ma routine d’avant… en vain. J’ai essayé de nouvelles crèmes, de nouveaux gels, etc… Rien. Finalement, après plusieurs mois d’effort, en avril 2015, j’ai consulté mon médecin traitant, désespérée. J’allais partir pour le travail et là-bas, je ne pourrais pas me maquiller. Hors de question d’apparaître peau nue, pas avec ces affreux petits boutons disgracieux qui revenaient à chaque cycle hormonal. Il m’a prescrit du doxycycline, sur 6 mois, avec un point à faire au bout de 3 mois. Les résultats étaient là : plus aucun bouton dans le cou, quasiment plus aucun sur la mâchoire. Sauvée ! Bon, j’en avais encore un ou deux qui apparaissaient de temps en temps, mais c’était quand même mieux. Au bout de 3 mois, j’ai arrêté le doxy, pour voir si ça revenait, mais surtout parce que j’allais devoir me faire opérer et que je ne devais pas être sous traitement antibiotique à cette période. Résultat : tout est revenu !!!! L’horreur.

Je suis allée voir un autre dermatologue, qui m’a prescrit deux crèmes différentes ainsi qu’un nouveau traitement oral (tiens d’ailleurs ça me fait penser qu’il est l’heure que j’aille le prendre !) Je ne peux pas trop encore dire si le résultat est satisfaisant. Je suis dans ma « bonne période », donc je n’ai pas grand-chose. En revanche, je sais déjà que dès que j’arrête l’utilisation des crèmes, je me reprends plein de boutons… Oui, je sais qu’il ne faut pas arrêter un traitement, sauf que je commençais à ressembler à une vieille pomme toute fripée desséchée ! Ok, j’exagère. Non, mais sérieux, ma peau était toute sèche. Impossible de me maquiller ! Je n’allais pas en mourir, mais c’est quand même agaçant ! Bof, allez, on verra bien. Je repars pour 3 mois de traitement, sans grande conviction.

Et en attendant, je me suis faite à une nouvelle routine de soins du visage. Lait de toilette pour bébé, eau précieuse, crème hydratante, 2 gommages + masques par semaine, et de temps en temps, une crème aux acides de fruits. Non, ma peau n’est pas parfaite. Mais comme tu le vois, j’y travaille ! En plus, je suis contente : mon bien-aimé m’a dit que c’est très bien que j’utilise l’eau précieuse ! Sa grand-mère l’utilisait quotidiennement pour sa toilette et lui-même l’a utilisée pendant son adolescence. Qui sait ? Peut-être est-ce le secret de sa peau parfaite ?

Dans : Prendre soin de soi
Par monamourvoyageur
Le
A 23 h 29 min
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Maquillage, ô cher maquillage

Je ne sais pas toi, mais moi, j’ai longtemps fait partie de ces filles qui n’imaginaient pas sortir sans maquillage. J’ai été particulièrement « gâtée » niveau imperfections pendant mon adolescence, et la seule façon pour moi de m’assumer (ou au moins de faire comme si je m’assumais) c’était de me maquiller. Comme tout le monde, je me suis cherchée niveau maquillage. Je testais un peu tout, je m’inspirais de ce que je voyais… Mais évidemment, ce qui va aux autres ne nous va pas forcément. C’est pendant mon BTS que j’ai beaucoup appris, surtout au contact d’une très bonne amie beauty addict.

Quand j’ai rencontré mon cher et tendre, en juin 2014, je ne portais pas mon maquillage habituel, mais le style années 40 : lèvres rouges, teint uniforme, le minimum syndical sur les yeux. Aussi, lorsqu’est venu le moment de le revoir, je me demandais un peu si mon style de tous les jours lui plairait, s’il ne trouverait pas ça moche, etc…

En fait, il pense que la vraie beauté est celle que l’on a au naturel. Il aime que je me maquille, surtout avec du rouge à lèvres écarlate. C’est son côté passionné par la Seconde Guerre mondiale. Ça me va très bien : j’adore le rouge. Mais lui, au moins, il a le don de me faire me sentir belle même sans maquillage. Je me souviens d’un matin, je galérais à appliquer mon fond de teint suite à un léger problème de sécheresse de la peau. Il m’a dit : « Mais ne te maquille pas, tu es très bien au naturel. » En temps normal, quand on me dit ça, je réponds que je me préfère maquillée. J’ai la fâcheuse tendance à estimer que je suis la seule à savoir ce qui vraiment me va ou pas. Avec lui, c’est différent. Il s’y connaît en mode et suit activement les nouvelles tendances. Attention, hein, il ne copie pas bêtement ce qu’il voit. Il a son style à lui, un style à part, mais ça ne l’empêche pas de se tenir au courant des nouveautés fashion.

Je pense que le fait d’être amoureuse m’a poussée à prendre de plus en plus soin de moi. Auparavant, mon maquillage tenait dans une petite trousse, sur l’étagère de la salle de bain. A présent, j’ai quatre tiroirs destinés à cet usage. Je suis certainement en train de rattraper le nombre d’années où je n’ai pas suffisamment pris soin de moi. Il aime bien contempler ma collection de maquillage. Quand il me fait des cadeaux, c’est souvent ça, parce qu’il sait que j’adore ça. Ma plus belle palette d’ombres à paupières m’a été offerte par lui.

Ma carrière professionnelle a également beaucoup aidé à me faire m’accepter comme je suis au naturel. Là où je travaillais, on ne pouvait pas se maquiller, par confort et par manque de temps. A force de se voir peau nue, sans rien sur les yeux et avec un simple baume à lèvres, on se fait à notre image. Et quand en plus on ne voit personne reculer, choqué d’horreur devant notre tête au naturel, c’est que le résultat n’est pas si terrible !!!

Je ne sais pas si tu te maquilles, toi qui lis cet article. Tu es d’ailleurs peut-être un garçon, excuse-moi, dans ce cas !! L’important, dans le maquillage, c’est de trouver son style et, surtout, de se maquiller par plaisir. On ne doit pas se sentir obligé de le faire parce que tout le monde le fait, ou parce qu’untel estime qu’on a une sale tête, ou parce que ça ne se fait pas de laisser visible le petit bouton bien casse-pieds tout rouge apparu sur le menton. Personnellement, je ne me maquille pas excessivement, loin de là. Ma mère trouvait parfois que je mettais beaucoup de produits sur ma peau (crème hydratante, base, fond de teint, poudre…), mais depuis que je lui ai montré des vidéos sur Youtube dans lesquelles des filles mettent vraiment 50 milliards de trucs sur leur visage, elle ne dit plus rien ^^

Dans : Prendre soin de soi
Par monamourvoyageur
Le
A 23 h 06 min
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Deux Mondes

Depuis toujours, il me répète que nous deux, c’est impossible. Etant une indécrottable romantique, je n’arrive pas à me résigner, je me dis qu’en amour rien n’est impossible. Je lui en ai souvent parlé, essayant de savoir ce qui nous empêchait d’être ensemble. C’est à Utah, fin août 2014, qu’il m’a donné pour la première fois une réponse. Je te propose de découvrir ici les raisons…

Je ne tolérerais pas certaines choses, comme la façon dont sont « traitées » les femmes. Oh, non, non, je te rassure, elles ne sont pas maltraitées, hein ! C’est juste que dans leur communauté, ce sont les hommes les chefs de famille, et les femmes « obéissent ». Elles tiennent la maison, élèvent les enfants, prennent soin de leur famille. Elles doivent se faire à l’idée que les hommes ont toujours raison. Evidemment, il y a des disputes, parce qu’on ne peut pas toujours être d’accord. Mais dans tous les cas, la dispute est réglée dans les 5 minutes et c’est la femme qui s’incline. Il pensait que n’ayant pas été élevée comme ça, je ne l’accepterais pas. Je pense qu’il y aurait eu des hauts et des bas, mais par amour, ne peut-on pas faire des efforts ? Ce qui l’inquiétait le plus, c’était la façon dont sa communauté peut traiter les gens extérieurs. En gros, une fille qui épouse un mannouche ne sera acceptée que lorsqu’elle aura eu un enfant avec lui. Et encore… si jamais le mannouche meurt avant sa femme, celle-ci peut être complètement délaissée par la communauté, peu importe le nombre d’années qu’elle a passé en son sein.

Il doit se marier avec une fille de sa communauté. C’est quelque chose que je trouve absolument idiot. Comment peut-on obliger quelqu’un à choisir sa future moitié au sein d’un certain panel de société ? Qu’est-ce qui empêche de tomber amoureux de quelqu’un qu’on aurait rencontré par hasard, en-dehors du chemin qu’on nous avait tracé ? Quand je lui ai posé la question, il m’a répondu que c’est ce qu’il veut, qu’il a grandi avec cette idée fixe d’épouser une fille de sa communauté. Critères de beauté : petite, brune, mate. Je suis grande, j’ai les cheveux châtains et la peau blanche. Je me souviens lui avoir opposé l’argument qu’on tombe amoureux parfois de personnes ne correspondant pas du tout à notre idéal. J’avoue que dans mon cas, il est exactement la personne que j’attendais, donc je me sentais un peu bête de lui dire ça. Le plus drôle, c’est que son ex (la seule qu’il ait eue), était blonde. Cherchez l’erreur.

Je suis comme une petite soeur à ses yeux. C’est ce qu’il m’a dit et répété à de nombreuses reprises. Mais il est impossible de ressentir de l’attirance pour une soeur. On ne peut pas être jaloux quand sa soeur est courtisée par des garçons. On ne souffre pas horriblement quand sa soeur ne donne pas de nouvelles pendant 10 minutes. Il dit que j’occupe une grande place dans son coeur, qu’il m’aime mais pas comme moi je voudrais qu’il m’aime. Pas comme une femme. Comme une soeur. Est-ce qu’il est sincère ? Est-ce qu’il se ment à lui-même ? Tu sais, il m’a sauvée un jour, et je l’ai entendu dire qu’il m’aimait, que j’étais à lui, qu’on ne me prendrait pas à lui… Je te raconterai cette histoire un peu plus tard. Ce qui compte, c’est que tu comprennes ce que je vis. Que tu vois à quel point il peut être difficile à cerner.

Voilà. Tu as là les raisons selon lesquelles notre amour est impossible. Si tu savais combien de fois j’ai pu pleurer, parce qu’il me les répétait. C’était ma faute… Je m’emballais, j’y croyais à nouveau… et il se sentait obligé de me freiner, de me rappeler que nous sommes amis. Mon dieu, ce que ce mot est douloureux. C’est comme un coup de poignard dans le coeur quand je l’entends. Parce que nous ne sommes pas du même monde, nous n’aurions pas le droit d’avoir une chance ? Je n’arrive pas à m’y faire. Pour moi, il est impossible d’aimer quelqu’un aussi fort et de l’attendre avec tant de patience et d’amour, si c’est pour qu’à la fin on nous dise qu’il ne se passera jamais rien. Pourquoi le destin nous aurait-il mis en présence ? Pourquoi y a-t-il cette complicité, cette tendresse, cette passion ? Je ne peux pas croire que mon amour est voué à l’échec…

Dans : Sur les Voyageurs
Par monamourvoyageur
Le
A 17 h 06 min
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Leurs regards

La première fois que j’ai croisé des mannouches en-dehors de la famille de mon bien-aimé, ça a été à Caen, aux Rives de l’Orne, en septembre 2014. J’étais avec lui, nous avions décidé après une journée de boulot de manger au restaurant chinois puis d’aller au cinéma. On était très contents d’être tous les deux et lui était très fier de m’emmener au restaurant. Il voulait me faire découvrir la cuisine chinoise, dont il est friand.

C’était très bon, même si j’avoue que je me méfiais pas mal ^^ Nous étions assis à une petite table, près de la baie vitrée. Je tournais le dos à l’extérieur. A un moment, il a levé les yeux quand un groupe est entré dans le restaurant. Il les a regardés, ils l’ont regardé. Ils savaient à qui ils avaient affaire. C’est quelque chose que je ne peux pas expliquer, puisque je n’arrive pas à comprendre non plus comment c’est possible. Quand des mannouches se croisent, ils se reconnaissent entre eux, sans avoir besoin de parler. J’ai déjà demandé à mon cher et tendre comment il peut le savoir. Il m’a répondu : « On le sait, c’est tout, on ne peut pas l’expliquer. »

Bref, des mannouches sont venus manger dans le même restaurant que nous. Ils sont allés à l’autre bout de la salle. Ils étaient nombreux. Des adultes, des enfants et des jeunes filles. J’étais un peu mal à l’aise, mais il m’a souri et m’a assuré que tout allait bien. Après que nous ayons eu mangé, nous sommes sortis pour aller au cinéma. On était un peu en retard, du coup nous avons raté le début du film qu’on voulait voir. A la place, on s’est reportés sur 22 Jump Street.

A la caisse, juste devant nous, il y avait trois garçons. Il m’a dit : « Ah, ils étaient donc là, les garçons. » J’ai compris qu’il s’agissait de mannouches. Quand on est arrivés, ils nous ont regardés. Ils ont échangé quelques mots avec lui, puis ils m’ont fixée. Je n’oublierai jamais leurs regards. J’ai senti du mépris, de la haine, du dédain… Je me suis sentie honteuse, fautive, misérable. C’est absolument horrible d’être observée de la sorte. Ils ne me connaissaient pas, ne m’ont même pas parlé, mais j’ai compris qu’ils me détestaient. Je n’avais jamais été victime de racisme. Ça a été la première fois. Et pas la dernière, comme tu le liras plus tard.

Il a bien vu que ça m’avait touchée. Il m’a rassurée, me disant que leurs regards ne signifiaient rien pour lui. Qu’ils ne comprenaient simplement pas qu’un garçon de leur communauté puisse être avec une fille… différente. Ils étaient dans la même salle de cinéma que nous. Ça ne l’a pas dérangé. Il a passé un bras autour de mes épaules et m’a gardée contre lui tout le long du film.

Dans : Sur les Voyageurs
Par monamourvoyageur
Le
A 14 h 40 min
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Le Cirque

Comme je te le disais, j’ai rencontré des forains. Ils étaient les membres d’une troupe de cirque. Je les ai connus à l’occasion d’une mission d’hôtesse événementiel, lors de la Foire de Caen 2014.

Quand je les ai rencontrés, lors de mon premier jour de travail, ils nous ont regardées, la nouvelle hôtesse et moi. Je pense qu’ils nous jaugeaient, parce que les filles précédentes n’étaient pas souriantes ni aimables avec eux, de ce que j’ai su après. Il y avait une majorité de garçons de piste, comme on appelle ceux qui montent et démontent les décors sur la piste ou assurent la sécurité pendant les numéros. Pour la plupart, ils avaient plus de quarante ans et cela faisait des années qu’ils avaient rejoint la troupe.

Ils dormaient dans des caravanes, stationnées derrière le stand qui faisait office de chapiteau. Les quelques animaux sur place (éléphants de mer, manchots, chiens) faisaient pas mal de bruit et attiraient les visiteurs. Il y avait environ quatre numéros par jour, les plus attendus étant ceux avec les animaux et celui, très impressionnant, avec une roue géante, qui se faisait en extérieur.

Que te dire de mes contacts avec ces artistes ? A part le « Monsieur Loyal », ils étaient tous sympas et tenaient à partager leur passion du cirque avec le public – et avec moi, puisque je m’intéressais vraiment à leur métier. L’un d’eux, un magicien, m’a montré de nombreux tours. Il m’a même offert de quoi réaliser deux petits numéros, en m’expliquant comment bien les présenter. Il était un peu collant, mais c’était par pure gentillesse, et parce qu’il avait trouvé en moi quelqu’un de curieux qui l’écoutait. Le courant est bien passé aussi avec un autre garçon de piste, avec une formation de gymnaste. Un grand maigre un peu benêt, qui faisait des blagues à longueur de journée, mais que les enfants adoraient. Avec les deux femmes de la troupe, je n’ai pas eu de contacts prolongés. Je les croisais avant et après les numéros, point. En tout cas, je dois dire que fréquenter des artistes de cirque fait bosser les langues étrangères ! Ils viennent de tous les horizons.

Pour résumer, je te dirai simplement que ce sont des gens sociables, qui ont un réel désir de faire connaître leur métier. Bien que ne menant pas la même vie que « la majorité’, ces voyageurs-là ne cherchent pas à se mettre à part, ils parlent volontiers avec ceux qui ne sont pas de leur communauté. Au vu des petits regards que me lançaient le garçon de piste gymnaste, je pense que le fait que je ne sois pas une foraine ne lui aurait posé aucun problème. Ils sont prêts à accueillir dans leur univers qui veut les rejoindre. Après, attention, je parle de cette troupe, pas des forains en général. Je ne sais pas comment sont les autres. Je te présente mon ressenti vis-à-vis de ce que j’ai vécu au contact d’une troupe pendant deux semaines de foire.

Dans : Sur les Voyageurs
Par monamourvoyageur
Le
A 11 h 13 min
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