Monamourvoyageur

Une histoire

 

Absence et Paranoïa

Après son départ du dimanche, nos rapports avaient changé. Je le sentais plus tendre, plus affectueux… Tu as lu toi-même les messages qu’il m’envoyait. Comment ne pas y voir des sentiments forts ? En relisant tous ces messages, les miens, les siens, j’y ai vu comme un serment, comme si je jurais que je ne serai qu’à lui. Il m’a promis qu’on se reverrait très vite. Je ne savais pas quand, mais j’y croyais de toutes mes forces.

J’y croyais. J’y ai cru deux jours.

Le mardi, j’ai senti la distance s’installer. Alors que nous parlions toujours toute la journée, notre conversation du mardi a tenu en… 20 messages. 14 de moi, 6 de lui. Tu vas me dire qu’il était peut-être occupé… Il avait un entretien d’embauche ce jour-là, mais a-t-on déjà vu un entretien durer toute la journée ? J’avais la douloureuse impression de le déranger. « On discutera ce soir, tu veux :-) … ? » C’est ce qu’il m’a envoyé à 20h10. Après une journée où on n’a presque pas parlé.

Et à partir de là, c’est parti. Mon cerveau se met à cogiter. Je fais exactement l’inverse de ce qu’il m’a toujours conseillée : au lieu de me préserver, je me fais des idées, j’imagine les pires scénarios. Mon estomac se noue, comme à cause d’un mauvais pressentiment. Ce que j’ai pensé sur le coup ? Il est en soirée et a rencontré une fille. J’ai baissé les yeux sur ma bague. Non. Il n’est pas comme ça. Il doit être en famille ou avec son copain. Je me fixe une « bonne résolution » : ne pas m’imposer dans sa vie. Cette résolution tient 5 minutes, grand maximum. Au bout de ce laps de temps, je recommence à m’inquiéter, à me demander pourquoi il ne me parle pas…

De dépit, je me mets à griffonner dans un petit carnet, celui dans lequel j’ai décidé d’écrire au fur et à mesure l’évolution de notre histoire. En quelques secondes, les pages se noircissent d’idées lugubres, d’inquiétudes.

Ce soir-là, en attendant un message de lui, je me suis demandée s’il repensait parfois au petit cadeau que je lui ai fait au sommet de la tour qu’il a rebaptisée à mon nom. Un petit mot, un pins avion et un petit coeur. Dans le petit message, je le remerciais de tout ce qu’il avait fait pour moi. L’avion, c’était mon avenir professionnel. Un seul mot de lui et je renonçais à cet avenir qui risque de nous éloigner. Il ne l’a pas interprété comme ça… et je n’ai pas eu le courage de le lui expliquer. Quant au coeur, tu l’auras compris, il représentait le mien. Mon coeur. Mon amour. Tout ça était pour lui. Ça, il le sait. Il le sait très bien.

Je l’ai eu au téléphone, en fin de soirée, mais cet appel ne m’a pas vraiment rassurée. J’étais partagée entre soulagement et déception. Après son départ, il avait été tendre, affectueux, prévenant… J’ai eu l’impression de me retrouver avec quelqu’un de distant, même un peu froid par moments. Je le lui ai dit… et il n’y a pas prêté attention. Il est parti se coucher, l’esprit tranquille, content d’avoir pu rire et blaguer, alors qu’à l’autre bout du fil je m’enlisais dans mes idées noires.

Le lendemain matin, en m’éveillant, j’ai sauté sur mon téléphone. Mon estomac s’est noué : pas un seul message de lui. Je me suis retrouvée dans le même dilemme que la veille : lui écrire ? Attendre ? Mon cœur me poussait à lui envoyer un message, mais ma fierté et ma raison me disaient de m’effacer. Après tout, s’il veut de mes nouvelles, il m’écrira, non ? Et puis il dort peut-être encore… Il est tellement fatigué, mon pauvre ange… Du coup, je me suis résignée à attendre, avec ces fichus maux de ventre.

Il m’a dit qu’on se reverrait bientôt. Que ce serait à mon tour de venir, de découvrir son monde. J’étais heureuse… mais pas tout à fait convaincue. D’une part, il se montrait distant et réservé, et de l’autre, je savais pertinemment que ce ne sont que des mots (d’ailleurs, un an après, j’attends toujours d’aller chez lui…). Dieu sait que je crois tout ce qu’il me dit, mais je gardais en mémoire la façon dont les choses s’étaient déroulées après le 6 juin : la promesse non tenue (volontairement) de se revoir.

Moins je recevais de messages de lui, plus je m’inquiétais. Je me mettais à douter de ces messages si adorables qu’il m’avait envoyée. J’ai cru à ses « tu es à moi », « ma princesse », « personne ne touche. C’est mon territoire. » Je l’ai pris au mot. Dans ma tête et dans mon cœur, il me semblait évident que je n’appartenais et n’appartiendrai qu’à lui. Et pourtant… Seule dans ma chambre, à scruter mon téléphone toutes les 5 secondes, je me suis mise à douter. Était-il sérieux ? Pensait-il ce qu’il disait ? Ces questions tournaient en boucle dans ma tête et je n’osais pas les lui poser. J’avais trop peur de sa réponse. Je me suis donc forcée à continuer d’attendre un signe de lui.

Lui aussi avait ses doutes, ses incertitudes concernant son avenir. Il me répétait être perdu, ne pas savoir ce qu’il allait devenir. Il enviait l’idée fixe que j’avais à propos de mon avenir professionnel. Et moi, j’étais là, à croiser les doigts pour ne finalement pas suivre cette voie tracée depuis longtemps. Quand on me demandait ce que je voulais faire à la place, je répondais que je n’en avais aucune idée. C’est faux. Ce que je voulais, c’était être avec lui. Vivre avec lui. Ça ressemblait au rêve naïf d’une enfant qui veut devenir princesse quand elle sera grande. C’était mon rêve. Je suis devenue une princesse le jour où il m’a appelée ainsi. Je n’ai pas besoin de royaume, de bijoux, de domestiques… J’ai tout si je l’ai lui.

Je priais chaque soir pour qu’il trouve sa voie. Je souhaitais ardemment qu’il puisse réaliser ses rêves, devenir quelqu’un… même si son bonheur devait passer par nos adieux. J’ai compris à son contact qu’aimer quelqu’un, aimer vraiment, c’est aussi savoir s’effacer pour son bien. On préfère souffrir mille morts plutôt que de voir l’autre malheureux.

Et je savais qu’il n’était pas heureux. « Pendant deux semaines, on était intouchables. On avait une vie normale, sans souci, et là, la m*rde est repartie. » C’est ce qu’il m’a dit. Je ne pouvais que le comprendre. Ces deux semaines nous avaient tant apporté… A présent, il y avait un vide immense en moi. J’avais l’impression d’errer sans but, de ne vivre qu’à moitié, accrochée au téléphone dans l’attente d’un message. C’était ça, ma vie. Attendre de ses nouvelles. J’avais peur pour lui, sans savoir pourquoi. Il était fatigué et ne pouvait pas se reposer autant qu’il l’aurait voulu. Son oncle était gravement malade, il s’inquiétait pour son avenir… Tu sais, c’est quelqu’un de très fort, mais je le sens aussi fragile, plus qu’il ne veut l’admettre. J’ai cette envie, ce besoin de l’aider, de le protéger. Encore récemment, quand je le regardais, j’ai été émue aux larmes en le voyant si doux, si fragile, si plein de bonté… Il n’y a pas le moindre vice en lui. Je voudrais pouvoir le serrer dans mes bras, le rassurer, le consoler… Il dit qu’il est un homme, que ça va aller… mais un homme aussi peut être sensible.

Dans :
Par monamourvoyageur
Le 16 août 2015
A 12 h 20 min
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