Monamourvoyageur

Une histoire

 

Deux semaines de rêve

Nous étions ensemble tout le temps. Le matin, je venais le réveiller, nous déjeunions ensemble, puis nous prenions le train collés l’un à l’autre, nous faisions le tour du site des Jeux Equestres ou des magasins, nous passions notre journée de boulot, nous rentrions par la navette, moi sur ses genoux, nous reprenions le train, toujours serrés l’un contre l’autre, et une fois à la maison, nous profitions de notre temps libre pour regarder des films, discuter, parler de reconstitution… Vivre quoi. Une vie simple mais tellement agréable.

On est retournés à Utah Beach tous les deux, là où nous nous étions rencontrés. Comme lors d’un pèlerinage, je lui ai montré l’arbre contre lequel il m’a consolée le soir de son départ, le banc sur lequel nous avions passé la soirée du bal… Sur la plage, il m’a serrée très fort contre lui. J’étais consciente que je ne devais rien attendre de lui, que nous deux ce n’était pas possible… Mais j’avais besoin de lui dire que j’aurais été prête à changer de vie pour lui. A quitter le quotidien d’une fille « banale » pour intégrer son univers. Il m’a serrée très fort dans ses bras quand je lui ai fait cette déclaration, et m’a murmuré : « Je le sais que tu l’aurais fait… » Assis sur un rocher, nous avons parlé de ce qui nous séparait, de ce qui rendait impossible une histoire entre nous. Il savait que je ne pourrais pas m’y faire, que c’était un monde trop différent. Je t’invite à lire l’article « Deux mondes », dans la catégorie Sur les Voyageurs, si tu veux comprendre en quoi c’est impossible. Néanmoins, bien que ces moments n’aient pas été plaisants, il a dessiné sur le sable un coeur, dans lequel il a écrit nos deux prénoms.

Je l’ai emmené visiter le Mont Saint Michel. Il n’y était jamais allé. Avec ma formation de guide touristique, je lui avais préparé une véritable visite guidée, avec book, photos, anecdotes… Il a beaucoup aimé. A chaque arrêt, quand je lui expliquais ce qui nous entourait, etc, il se plaçait tout contre moi, protecteur, comme toujours. Il m’a même portée comme un prince porte sa princesse, pour m’éviter de marcher dans la boue. Un gentleman ! A la fin de la visite, comme il tenait à rapporter des souvenirs à sa famille, nous sommes retournés dans le village. Le long de la rue commerçante, il m’a entraînée de boutique en boutique. Il a choisi les cadeaux pour sa famille. Entre autres, il y avait des cartes dorées, avec la prière à Saint Michel. Il m’en a offert une, en me recommandant de la glisser dans mon portefeuille et de l’avoir toujours avec moi. Il m’a ensuite fait un autre cadeau : une médaille de Saint Michel. Il protège contre le Mal, et mon bien-aimé voulait s’assurer en me l’offrant que je serai toujours protégée. Cela m’a beaucoup touchée.

Le soir, nous sommes allés manger au restaurant, puis je lui ai fait visiter un peu la ville, avec ses remparts, sa cathédrale… En haut d’une tour (qu’il a rebaptisée à mon nom ^^), j’étais en train de lui montrer la vue, de lui expliquer ce qu’on voyait, quand il m’a enlacée et m’a tenue tout contre lui. J’ai été tellement surprise que j’en ai bafouillé. Cette soirée a été absolument magique.

Au cours de son séjour, il a voulu régler mon principal problème : un flagrant manque de confiance en moi. Jusqu’à ce que je le rencontre, je n’avais pas conscience, disait-il, de mon potentiel et de mes charmes. Il a commencé par me « relooker », façon Cristina Cordula, pour me mettre en valeur et me montrer que j’ai (d’après lui) un joli corps. Au cours des essayages, il a dit plusieurs fois des trucs comme « pffffiou il faut que je me calme » ou « oh là là je sens que je vais bien dormir avec ces images en tête ». Je n’ai pas relevé, mais je me demandais si ce n’était pas des sous-entendus, comme pour dire « oui, tu me plais ! » Le soir-même, nous avons fait un shooting photo dans ma chambre, avec la tenue clé de ma nouvelle garde-robe : un ensemble de simili cuir noir. Il m’a prise en photo seule, puis a posé à son tour, et finalement nous nous sommes mis à faire des photos à deux. Le retardateur nous a bien cassé les pieds, mais le résultat était là : des photos magnifiques et des souvenirs plein la tête. La proximité entre nous, l’adrénaline… je m’en souviens comme si c’était hier. Pour la première fois, j’ai désiré quelqu’un. Je l’ai désiré lui. Et à ses mains qui me serraient, ses yeux qui brillaient et son souffle chaud, je pense qu’il me désirait aussi.

Je n’aurais pu rêver de quelqu’un plus protecteur. Il s’assurait que j’allais bien, que j’étais toujours en forme… La plus belle preuve, ça a été un soir, à la fin du boulot. Les navettes étaient en retard et nous avions peur de rater le train. Nous avons donc couru jusqu’à la gare. 20 minutes de course à vive allure, avec un sac lourd sur le dos et le ventre vide – nous n’avions pas mangé le midi. Le pire c’est qu’arrivés à la gare, nous avons vu le train partir. Il était furieux, énervé d’avoir couru pour rien. Moi, j’ai fait une grosse crise d’hypoglycémie. Je tremblais, j’avais la tête qui tournait, envie de vomir. J’ai failli tomber, il m’a retenue. On a pris le train suivant, je n’allais pas mieux, au contraire. Je ne me souviens pas bien de ce qui s’est passé. Je sais qu’il me serrait contre lui, qu’il m’empêchait de dormir pour ne pas « me perdre », pour que je « reste avec lui ». Il m’a donné du sucre, de l’eau. Il a demandé à ce qu’on prévienne la gare dans laquelle nous allions arriver pour qu’eux-mêmes appellent le Samu. Quand nous sommes arrivés, il m’a portée, littéralement portée, remontant toute l’allée du wagon pour rejoindre l’extérieur. Sur le quai, il m’a gardée dans ses bras, jusqu’au bâtiment où nous attendait un employé avec un fauteuil roulant. On lui a passé le Samu au téléphone. Il s’est énervé parce qu’ils rechignaient à envoyer du monde. Je ne l’ai pas entendu, mais il m’a dit avoir menacé le mec au téléphone de le retrouver et de lui en coller une s’il ne prévenait pas les pompiers. L’autre a cédé. Les pompiers sont arrivés, ont pris ma tension et nous ont emmenés avec la sirène hurlante jusqu’à l’hôpital. Je commençais à aller mieux, même si je tremblais toujours beaucoup et que je respirais mal. Je me souviens que le pompier essayait de nous détendre en nous parlant du match de foot qui se jouerait ce soir. Il pensait que mon sauveur était mon petit-ami, il disait que nous étions le premier couple qu’il rencontrait au sein duquel c’était la dame qui aimait le foot et non le monsieur. A l’hôpital, il est resté à mes côtés, à me tenir la main. Il a prévenu mes parents, fait les démarches administratives. Quand on m’a emmenée dans une salle de consultation, il n’a pas pu venir. J’avais peur et j’ai lu dans ses yeux tout le mal qu’il avait à me laisser partir. Le médecin qui m’a auscultée en a conclu à une grosse crise d’angoisse, due à la peur provoquée par la puissance de la chute de sucre dans mon sang. Il a fait venir mon bien-aimé et lui a recommandé de me ramener à la maison, de veiller à ce que je prenne un cachet si besoin et de m’éviter tout effort. Il m’a reconduite à la voiture, en me tenant contre lui. Il avait peur que je tombe à cause du cachet qu’on m’avait donné et qui risquait de me rendre un peu stone. Comme on n’avait pas mangé et qu’il se faisait très tard, il m’a emmenée à McDo avant qu’on rentre à la maison. Il a expliqué à mes parents ce qui s’était passé, m’a expédiée au lit et est resté un long moment à leur parler. Je me souviens, je suis redescendue. Je ne voulais pas dormir. J’ai écouté, cachée derrière la porte, ce qu’il disait à mes parents. Il leur a confié que ça lui avait fait mal au coeur de me voir partir sur le lit d’hôpital, qu’il aurait voulu ne pas me quitter. Mes parents l’ont remercié. Ma mère pleurait quand elle l’a serré dans ses bras. Il est venu déposer un long baiser sur ma joue avant d’aller se coucher.

Je n’oublierai jamais tout ce qu’il a pu faire pour moi…

Dans :
Par monamourvoyageur
Le 15 août 2015
A 17 h 48 min
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