Monamourvoyageur

Une histoire

 

Mon Confident

Très tôt, une réelle relation de confiance est née entre nous. Il est devenu mon confident et mon conseiller. Il ne veut pas m’influencer, car il dit ne pas avoir le droit de décider pour moi ce que je dois ou pas faire. Ce qu’il veut, c’est m’ouvrir les yeux sur le monde, sur telle ou telle situation, et m’éviter les problèmes. Je te l’ai dit, il m’appelle « l’aimant à problèmes ».

Les deux seules relations que j’ai eues avant lui m’ont traumatisée, marquée au fer rouge. Je n’arrive pas à oublier ce qu’ils m’ont fait. Cette douleur handicapait ma vie de jeune femme. Je n’étais pas comme tout le monde, je souffrais d’une blessure invisible mais bien présente. J’avais honte de moi-même et je ne voulais pas en parler autour de moi. Lui a su dès le début que quelque chose n’allait pas, que je n’étais pas pleinement heureuse. Il a été la première personne à qui j’ai tout dit, sans rien cacher, sans rien garder pour moi. Il a promis de m’aider à tirer un trait sur tout ça, à repartir de l’avant. Il voulait me redonner confiance en moi, et il y est arrivé.

Parfois, on a la chance de tomber sur quelqu’un à qui on peut pleinement faire confiance. Quelqu’un qui va nous écouter, nous rassurer. Il est ainsi. Mais il est aussi plus que ça. Ce qu’il veut, c’est que je tire des leçons de ces très mauvaises expériences. Il veut me secouer, pour que je me reprenne en main, pas que je me lamente sur mon sort. Honnêtement, quelqu’un de vraiment dépressif ne pourrait pas se sentir aidé par lui. Il a parfois des mots durs, un discours sévère qui nous juge. Mais il ne cherche pas à faire mal quand il parle ainsi. Ce qu’il veut, c’est qu’on ouvre les yeux, qu’on se donne un bon « coup de pied au cul » (désolée pour l’expression). Quand on est au plus bas, on ne peut que remonter. Lui veut que la remontée soit la plus rapide possible et qu’une fois au sommet, on ne retombe jamais.

C’est quelqu’un de très pessimiste parfois, peut-être un peu trop, mais qui, comme je te le disais, est capable de prendre beaucoup de recul, bien plus que la majorité. Il pense, à raison, que le bien-être et la santé passent d’abord par un esprit sain. Il dit toujours : si on est en bonne santé et que ceux qu’on aime vont bien, alors tout va bien. Son mode de vie, quand on y réfléchit, est simple. Il vit pour ses proches et pour lui. Il ne veut pas se polluer l’esprit avec ce qu’il appelle des « parasites » (= ces personnes qui nous gâchent la vie, soit parce qu’elles sont méchantes, soit parce qu’elles sont envahissantes et qu’on finit par se prendre la tête par leur faute). Il m’arrive de le trouver un peu « égoïste », même si ce n’est pas le bon terme. Disons qu’il y a une grosse différence entre nous. Je suis quelqu’un qui a facilement pitié des autres, qui peux consoler quelqu’un qui m’a fait du mal (seules exceptions = les deux sal*uds qui m’ont pourrie la vie). Certains peuvent appeler ça de la naïveté ou me sortir l’expression « trop bon trop con ». Je ne suis pas totalement d’accord. Oui, ça m’a déjà attirée des problèmes de me soucier des autres avant de m’inquiéter pour moi, mais je me sens horriblement mal quand je ne peux pas aider ou soulager quelqu’un. Il est l’opposé. Il ne veut pas se prendre la tête pour quelqu’un d’autre. D’après lui, chacun a ses soucis et on ne doit pas s’embrouiller l’esprit avec les problèmes des autres. Paradoxalement, il s’est toujours inquiété de mon bien-être et m’aide toujours à résoudre mes ennuis. Parfois, j’ai tout de même l’impression de l’agacer, qu’il se montre patient contraint et forcé face à la déprimée maladive que je suis quelques fois. Néanmoins, il est toujours là, il fait toujours attention à moi. Son but, comme il ne cesse jamais de me le répéter, c’est de m’aider et me protéger. Après, il faut que je fasse moi-même une partie du travail. Je dois me préserver.

Est-ce quelqu’un à qui je peux pour autant tout dire ? Il dit que oui, mais je pense que non. Il s’inquiète tant pour moi et peut se montrer tellement « jaloux » que j’évite de lui dire quand je vais boire un verre avec un ami, ou que je suis au téléphone avec quelqu’un d’autre. Sur mon lieu de travail, un milieu majoritairement masculin, j’ai fait la connaissance de quelqu’un. Ce quelqu’un, je t’en parlerai plus tard, ça n’a pas non plus une grande importance. Mais tu vois, ça, je ne pouvais pas le lui dire. Je me doutais que ça passerait mal. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé. Le problème a toutefois vite été réglé : entre lui et l’autre, il n’y avait pas de choix imaginable. C’était lui, et ça le sera toujours. Tout ça pour te dire que ce n’est pas lui qui m’empêche de dire certaines choses. C’est plutôt moi qui me limite, pour une raison toute simple : la peur de le perdre ou le mettre en colère ou le blesser.

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Par monamourvoyageur
Le 16 août 2015
A 13 h 44 min
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