Monamourvoyageur

Une histoire

 

Relation SMS

Tu te demandes sans doute si nous nous sommes vraiment revus, comme il me l’avait promis… Pas tout de suite. Nous avons même failli ne jamais nous revoir, tu le découvriras au fil de ta lecture.

Après la semaine du 6 juin, nous avons continué à parler par SMS, tous les jours, à un rythme très soutenu. Il a su me soutenir et me consoler quand j’ai traversé une mauvaise passe, suite à la rupture avec celui qui m’empoisonnait l’existence. Comme je te l’ai expliqué, ce type a raconté de nombreuses horreurs sur moi, et certaines de ces rumeurs me suivent encore aujourd’hui, même si je fais tout pour rétablir la vérité.

Nous parlions tout le temps, de tout et de rien, apprenant à nous connaître. On s’est rendu compte que nous avions de très nombreux points communs, les mêmes valeurs… Oh, bien sûr, nos avis divergeaient sur certains sujets. Par exemple, il avait du mal à comprendre que je sois en quête d’autonomie, que je sois contente d’avoir mon appart’ et donc de quitter la maison de mes parents. Ce n’était que le temps que durait mon job d’été, mais même ça, il n’aurait pas pu le faire. Il n’a jamais vécu ailleurs que chez ses parents. Il n’est jamais parti en voyage scolaire. Ce n’est pas parce qu’il a peur de s’éloigner, pas vraiment. C’est parce que des liens très forts existent entre les membres de sa famille. Ils ne sont pleinement heureux que lorsqu’ils sont tous les cinq. Quand l’un d’eux est absent, pour X ou Y raison, les autres ne vont pas bien. Je trouve cette relation familiale à la fois belle… et effrayante. Je pense que c’est dû au fait que ma famille est petite et que je n’ai pas été éduquée de la même façon que lui.

Bref !

Nous parlions donc par SMS, à longueur de journée. Je recevais chaque message comme un cadeau, je sentais que j’en tombais un peu plus amoureuse à chaque SMS envoyé. Il était lui-même très affectueux, protecteur… Quand je suis partie sur un autre camp, courant juin, il m’a envoyé encore davantage de messages, voulant s’assurer que tout allait bien. Un soir, j’ai passé plus de 3h au téléphone avec lui. De quoi avons-nous parlé ? De plein de choses. Il m’a expliqué en quoi il trouvait ça un peu dangereux que je sois seule sur un camp, sans protection. J’avais mon groupe avec moi, mais il les avait cernés très vite : des alcooliques et des fouteurs de m*rde. Il s’inquiétait de me savoir avec eux. A un moment, un petit gamin du groupe est venu voir ce que je faisais. Me voyant au téléphone, il a crié : « Il va bien ton chéri ? » Je l’ai envoyé balader. C’est à cet instant que j’ai entendu ce que j’aurais dû prendre comme un « message d’alerte », quelque chose qui devait me mettre la puce à l’oreille. Mon cher et tendre a demandé, choqué : « Mais on me prend pour qui ? » Je me souviens que j’ai ri et que je l’ai rassuré en lui répondant : « Ce n’est rien, ils se font toujours des idées ». Maintenant que j’y repense, ça aurait dû m’alerter. Ça ne l’a pas fait. J’étais folle de lui… et par conséquent aveugle et sourde.

On a continué à parler, tout le temps, à se découvrir. Je me rendais bien compte que certaines choses qu’il pensait n’étaient pas « banales ». Il pouvait paraître pessimiste parfois, voire paranoïaque. Il me répétait toujours de faire attention, de ne pas parler à n’importe qui, de ne pas me laisser approcher. Il m’a demandé de tirer des leçons de ce qui s’était passé après le 6 juin, de ne pas sourire autant, de ne pas paraître trop amicale avec les garçons. Il disait ça pour me protéger, pour éviter que les rumeurs de m*rde lancées par « l’erreur de ma vie » paraissent fondées.

J’ai découvert en lui quelqu’un de très posé, capable plus que quiconque de prendre du recul. Il ne voit pas les choses comme tout le monde. Je dirais même qu’il est bien plus lucide que la majorité. Après, ne nous mentons pas. Dans certains cas, je ne suis pas d’accord avec lui, avec son opinion. Je ne pense pas que tout le monde soit mauvais. Il doit bien y avoir des gens bien sur Terre. Il m’a dit un jour : « Tu n’es que bonté. Une lumière blanche flotte autour de toi. Tu illumines tout sur ton passage. Tu n’es là que pour faire le Bien. » Ce jour-là, je me suis sentie à part. Oh, je m’étais toujours sentie à part. Je n’ai pas eu une adolescence facile, j’ai pas mal souffert du regard des autres. J’avais l’impression de ne pas faire partie du même monde que mon entourage. Quand il m’a dit ça, j’ai eu l’impression qu’enfin, pour la première fois, quelqu’un me comprenait vraiment. C’est le cas. Il me comprend mieux que personne (même que moi-même !) et sait lire en moi. C’est parce qu’il sait comment je suis qu’il s’inquiète toujours pour moi. Il dit parfois que je suis un « aimant à problèmes ». Il n’a pas tort. Je suis tellement naïve parfois que je fonce tête baissée dans les pièges qu’on me tend. Je veux tellement croire que « tout le monde est gentil » que je ne vois pas le mal en eux. Lui voit tout ça. Et il veut m’en protéger.

Dans :
Par monamourvoyageur
Le 15 août 2015
A 11 h 38 min
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